vendredi 21 juillet 2017

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Là on est vendredi le 21 juillet et on est à l’ancre dans Kilcoursie Bay tout près du parc provincial de Killbear.

Samedi matin dernier, en sortant de la dernière écluse de Trent-Severn, on s’est rendu à Midland (la Terre du Milieu !!??) à la Wye Heritage Marina. Nous y avons d’abord fait le vide et toppé le réservoir d’eau. La grocery et les liquides habituels par taxi chez Walmart et LCBO. Le réseau Wi-Fi n’étant pas très performant, pas de mise à jour possible.

Après avoir remonté le mât dimanche matin, on s’est rendu sous un orage absolument intense à Beausoleil Island, une île de Parcs Canada, à 1.5 h de moteur de la marina.



On est au parc !  On sort les bébelles !


On est dans la Georgian Bay maintenant, on peut ralentir quelque peu les déplacements. On est resté 3 dodos jusqu’à mercredi matin. Au programme : exploration en dinghy, premières expériences de Ginette et Normand sur la SUP (Stand-Up Paddle board) et le kayak. On a retrouvé des amis québécois rencontrés dans les écluses.



Y a donc ben de la vague !



Ça va ben mieux avec une quille, là là !



Des québécois rencontrées sur le Trent-Severn, Sylvie et Jacques.
Quel beau trawler, un Nordic Tug !

Sylvie a aimé ça !


Le bonhomme a essayé son kayak !
Le plus dur c'est d'embarquer et de débarquer !


Mercredi, on décolle pour Beckwith Island à 2.5 heures de moteur.  Ce mouillage est louangé et fortement recommandé dans le guide que nous utilisons (Ports Cruising Guide).

Il s’agit effectivement d’un très beau mouillage près d’une île inhabitée, propriétée des autochtones locaux.  Sauf que la baie est très ouverte sur le large et, même par faible vent, des vagues nous parviennent constamment soit directement ou par réfraction/diffraction. Ainsi, à moins que le vent nous garde la proue vers le large, le bateau roule constamment (Kairos est un rouleux !) ce qui n’est pas propice à une bonne nuit de sommeil. J’ai dû me réveiller 15 fois et Ginette a réussi à dormir 2 heures au total.



Beckwith Island au matin !


O.K., là y a pu de vagues qui entrent !


Donc, le lendemain, on dé(&*(*&$/ »!* et on traverse en direction de Sans Souci Island pour aller dîner chez Henry’s.  Ce restaurant est un ‘’obligatoire’’ (selon le guide !?) pour tous les boaters qui passent dans le coin. On s’y est arrêtés.

Si vous pensez qu’il s’agit d’une trappe à touristes, vous avez tout à fait raison. On est des touristes, on vient de se faire tailler !



Voilà !


Fish & Chips, walleye et lake trout, plus 2 bières !
$80.... ouch !

Et c'est le spécial du dîner !?


On passe ensuite la nuit à peu de distance de là dans Spider Bay, juste derrière Wilcox et Haggis Island.  Belle baie minuscule et tranquille. Nous y sommes absolument seuls. Trouvez ça si vous êtes capables ?



À droite, c'est Haggis.  La baie est juste derrière !


Plusieurs tracés possibles pour notre prochaine étape.  Au lieu de suivre le ‘’small craft route’’, on choisit de prendre la route extérieure, exposée aux vents de la baie : le Waubuno Channel . Il vente 10 nœuds de l’ouest et nous avons 2 pieds de vagues.  Acceptable.

Ici le slogan touristique de la Baie Georgienne est tout à fait approprié : ''Welcome to Georgian Bay  30,000 Islands, yours to Discover and Explore.''  Des îles à perte de vue !




Ça ressemble un peu aux Bahamas !


Après Kilcoursie Bay… on verra… à suivre...

vendredi 14 juillet 2017

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Aujourd'hui vendredi le 14 juillet, nous sommes en amont de l'écluse de Port Severn, la dernière avant la Baie Georgienne.

Ça nous a pris 8 jours pour faire le Trent-Severn. On n'a pas trop niaisé en route.  Voici quelques photos des derniers jours :



On sort de Rosedale - écluse 35
Kairos n'a jamais été à une plus haute élévation - 256.3 m


La preuve qu'on y était !


Le profil longitudinal du canal



Étroit et rectiligne...  0.9' au profondimètre...



Le 2e ascenseur hydraulique à Kirkfield.
On y arrive !



On est entré, le mur arrière vient de se lever !



On descend !



Et on sort !
Moins haut que le premier... dénivelée de 49'


''Big Chute Marine Railway''
Le ber roulant de Big Chute ... on est allé voir ça avant de s'y engager !



Comment ça marche !


Caractéristiques


Détails de fonctionnement


On descend !

On peut peut-être regarder ici un petit vidéo que j'ai uploader sur youtube.
J'apprendrai un jour comment l'insérer directement. Voici l'adresse à copier.

https://youtu.be/kBWy07LmWPQ





Le vieux ber...


 Demain la Baie Georgienne...









lundi 10 juillet 2017

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Aujourd'hui, lundi, le 10 juillet, jour 15, nous sommes au mur en amont de l'écluse 24.

L'arrêt à Peterborough pour trouver un gazeux de R404A pour le congélo n'a pas été successful. J'en ai contacté une bonne douzaine. Les uns ne faisaient que des commerces et les autres ne disposaient pas de ce gaz.  Fait suer.

J'ai finalement contacté le manufacturier de l'élément de froid au New-Hampshire et après une longue conversation, j'en ai retenu que je pourrais éventuellement et temporairement remplacer ce gaz par du R134A qui est beaucoup plus facilement disponible mais en acceptant une baisse de performance de fabrication de froid.

Le congélo fonctionne encore actuellement mais le compresseur roule au moins 16 à 20 heures sur 24.

J'ai aussi demandé au manufacturier si je pouvais remplacer le R134A par du Red Tek 12 comme j'ai fait pour le compresseur du frigo.  Pas de problème semble-t-il, puisque la lubrification est compatible avec tous les gaz mentionnés.

Par acquis de conscience, j'ai contacté Red-Tek au Tennessee pour vérifier s'il n'avait pas un gaz de remplacement pour le R404A. Réponse : niet.  Too bad.

Alors, quand je ne serai plus capable d'endurer le compresseur rouler 24h, je ferai le switch avec du Red-Tek 12 que j'ai en main dans mes pièces de  rechange.  Je vous tiens, bien sûr, au courant.

La traversée de Peterborough nous amène à utiliser le plus haut ascenseur hydraulique double au monde (Yeah ! The biggest in the world... and it is not american...). Il nous soulève de 65' en 2 minutes dans un bassin contenant l'équivalent de 1000 mètres cubes d'eau (en eau ou en bateau.. héhé..). Impressionnant.  Voici quelques photos.



On approche.


La flèche nous indique d'utiliser le bassin de gauche (bien sûr !?!?)
La lumière est verte pour entrer dans le bassin, qui est submergé.


Vue du bassin adjacent qui permettra au bateau venant de l'amont de descendre.


Notre bassin va venir se coller à l'ouverture visible en haut.


On commence à monter !


On monte de plus en plus !


Et on arrive finalement 65' plus haut !


Pour ressortir quand le mur se couche sur le fond !


Belle ingénierie !

dimanche 9 juillet 2017

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Jeudi le 6, jour 11, on vient de quitter Kingston après approvisionnement et pump-out.


Belle rencontre à babord près de l'île Amherst.



Pendant ce temps, à tribord !



Gateway to the Trent-Severn Waterway
On arrive à Trenton le lendemain après avoir passé la nuit à l'ancre à peu de distance en aval de Belleville.


L'écluse 1 est en vue.



Les niveaux à l'entrée sont élevés.
Les défenses sont inutilisables.

La première journée, on s'est rendu jusqu'à l'amont de l'écluse 8.
Le lendemain matin, réparations au bateau. Le détecteur de niveau de la pompe de cale principale a rendu l'âme. Pourtant, je l'avais remplacé très récemment. J'en avais un en réserve et le remplacement s'est fait en 1 heure.
Ensuite le frigo et le congélo se sont arrêtés en raison de l'obstruction de leur prise d'eau de refroidissement.  Le nettoyage du ''strainer'' n'a pas suffi. Le passe-coque était plein de snouf.  On décolle enfin vers midi.



Maison de l'éclusier à l'écluse 9.
La plus vieille du canal - date de 1914 - et réputée la plus belle.

En aval de l'écluse 14.
Le courant est fort.


Toujours en aval de l'écluse 14.
Sorti du déversoir du barrage de l'écluse.


En attente en aval de l'écluse double 15-16.

En ce beau dimanche, après avoir franchi l'écluse 18, nous sommes actuellement à l'ancre à l'abri de Hickory Island sur le Rice Lake.  Demain on remonte jusqu'à Peterborough.
Le compresseur du congélo fonctionne sans arrêt depuis 3 jours en raison d'un manque de gaz de refroidissement. Je me doutais que j'avais une légère fuite. Je vais tenter demain de le faire topper en R-404A.   À suivre...






mercredi 5 juillet 2017

La saison 2017 débute - 2017_1



2017 devrait être une meilleure saison de navigation.

Le projet est de se rendre dans la Baie Georgienne en Ontario via le canal Trent-Severn.
Départ le 26 juin et retour vers la fin-septembre.
C'est le projet.


Ben oui, on est parti.




On est parti !
Vue du quai de Portneuf avec 2 cargos qui vont nous dépasser.

J'écris actuellement de la marina de Kingston, le Confederation Basin, au jour 10 de notre escapade.
Rien de spécial jusqu'à maintenant. Parti de Portneuf et premier couché dans l'embouchure de la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières. Le jour suivant à l'ancre près de l'Île Ronde après avoir essuyé un méchant grain sur le fleuve. Puis couché à la sortie de l'écluse Ste-Catherine. Ensuite à Valleyfield où nous avons passé une fin de semaine de 3 jours pour recevoir la famille de notre plus vieille. C'était agréable de se voir.



Le coucher du soleil après une journée de pluie



Le geyser de Valleyfield face au Parc Sauvé



Le courant est fort sur le fleuve. Près de 3 noeuds dans le port de Montréal. Et près de 4 sous le pont en aval de l'écluse de Snell. La remontée a été lente. M'enfin.




Ça c'est 4 noeuds de courant.. je remonte à 3.


Les écluses américaines sont toujours aussi stressantes pour Ginette. Elle n'apprécie vraiment pas le bollard flottant sur lequel on doit s'attacher.



De la pluie tous les jours et des avertissements de vent fort en vigueur aussi tous les jours. On a hâte au beau temps.



Après une nuit dans le parc juste en amont du barrage de Cornwall, nous avons filé jusqu'à Grenadier Island et finalement Kingston aujourd'hui.





Je vous le donne en mille.
Ça, c'est l'île Toussaint, juste en amont de l'écluse d'Iroquois.
Une île de déblai lors de la construction de la voie maritime.


Les facilités marines dans les Milles-Îles sont ''maghanées''.

Les niveaux d'eau ont été élevés. Beaucoup de quais arrachés sur les îles de Parc Canada. La saison va être difficile en raison de ces bris.

Ici, à la marina de Kingston, les quais sont sous l'eau. Les autorités de la marina ont déposé des blocs de béton sur ces quais et déposé dessus des passerelles temporaires, mais qui seront sûrement là pour toute la saison.

Les 2 derniers jours : un  temps splendide.
Lire : un temps de trawler. Ensoleillé et pas de vent donc pas de vague : relaxant.


Demain, on décolle vers Trenton.





2016


Et 2016, elle.

Et bien là, il n'y a pas eu d'année 2016 au point de vue navigation.
Nous n'avons fait au total que 10 heures de moteur : quelques sorties à Pointe-Platon en face de la marina et une nuit à l'ancre dans la rivière Batiscan.
Je n'ai même pas changé l'huile du moteur à la fin de la saison.
L'été a plutôt été consacré à refaire le toit de notre maison.
Début des travaux au début mai et fin vers fin septembre.
Pour ceux que ça intéresse, je vous réfère à mon autre blog : 
www.lashopdelabutte.blogspot.ca, projet 35.


Voilà pour cette courte mise à jour.


2015

Bon, ça fait longtemps que j'ai pas écrit ici.
Un petit rattrapage est requis je crois.
Que c'est-il passé en 2015.
Finalement, pas grand chose au point de vue croisière.
Juste une petite nuit dans la rivière Batiscan et une dizaine de jours vers l'amont du fleuve jusqu'aux Îles de Sorel.
Grand-maman Ginette ne voulait pas trop s'éloigner puisque notre plus jeune fille a donné naissance à notre dernier petit le 7 juillet : une belle petite Clara en pleine forme.
Pas question de pas être disponible à partir de cette date.
Autrement dit : fin de la saison. Le bateau s'est transformé en chalet flottant.
Et c'est bien comme ça.





dimanche 10 mai 2015

On reprend le placottage !!!?


Aujourd'hui, c'est le 10 mai 2015.
Je viens de revoir, relire, réviser le blog pour la première fois depuis longtemps.
Pas de nouveau message depuis mai 2013.
Presque 2 ans depuis le retour de notre voyage aux Bahamas.
Le temps file.

Qu'avons nous fait depuis ce temps avec Kairos ?

À l'été 2013, après notre retour, seule une petite croisière en août au Saguenay, d'un peu moins de 3 semaines, a été faite.

Pour la saison 2014, croisière de ± 2 mois vers l'amont du fleuve.
Jusqu'à Ottawa d'abord, le canal Rideau ensuite jusqu'à Kingston (pour la 3e fois).  Puis, toujours en remontant, le North Channel et la Baie de Quinte jusqu'à près de Belleville avec un arrêt à Waupoos dans la Prince Edward Bay.
Ensuite, retour très lent vers Portneuf en niaisant un peu partout dans les Milles-Îles et le long du fleuve... entre autres : Atkinson Island, Bostwick Island, Navy Islands, Grenadier Island, Refugee Island à Brockville, Iroquois, Macdonell Island dans le parc provincial du Long Sault, Saint-Régis, Valleyfield, les îles de Boucherville et de Sorel...
Une cinquantaine d'écluses au total pendant ce voyage.
Navigation tranquille et calme la plupart du temps, facile, agréable.. on adore.
Vive la belle vie !!

Pour les personnes qui voient ce blogue pour la première fois, en descendant, c'est-à-dire pour les messages plus anciens, il s'agit du "placottage" issu de notre voyage aux Bahamas entre septembre 2012 et mai 2013.

vendredi 17 mai 2013


 
Jour 247 à 250, Dimanche à mercredi, 2013-05-12 au 2013-05-15

Dimanche, le vent est toujours fort à 20-25 nœuds du SW. Vagues de 1.5’-2’ dans le dos. Plutôt confortable mais il fait frette (pour des gens qui reviennent du sud !). On accoste au quai des plaisanciers à l’amont de l’écluse d’Iroquois. La seule façon de communiquer avec les éclusiers est par téléphone à ce quai. On nous informe que le délai d’attente est de 30 minutes en raison du trafic commercial, qui a priorité et c’est très bien. On ne peut payer notre passage par carte de crédit puisque le guichet au quai, près du téléphone, est ‘’out of order’’. On nous demande si nous avons besoin d’un reçu pour notre paiement cash – non merci, bien sûr ! Une fois l’écluse passé, le vent forcit. Bourrasques à 35 nœuds au moins.

À l’écluse d’Eisenhower, les indications aux plaisanciers, sur un grand panneau à gauche de l’entrée, nous invitent à nous accoster au quai derrière le mur d’approche. On s’y amène donc : pas de quai. Il n’est pas encore installé. On le voit empilé sur le mur d’approche un peu plus loin. Ces gars-là sont encore en hiver ! En petit caractère, au bas du panneau : attention, profondeur de 5’. Hé ! Hé ! La carte marine indique 2’ à proximité. On racle le fond pour sortir de là. Le téléphone pour communiquer avec les éclusiers n’est donc pas accessible. Aucune autre indication à l’amont, ni canal VHF ni numéro de téléphone, pour les contacter. On essaie la VHF, canal 13, canal 9, finalement canal 16. L’éclusier nous informe que c’est le 12. Enfin. Trois bateaux commerciaux sont annoncés : temps d’attente projeté de 2.5 à 3 heures. On s’ancre donc immédiatement à l’amont de l’écluse dans 15’ d’eau. Le vent est de 25-30 nœuds. On reçoit des vagues de 3’ sur le nez. Finalement à 15h00, c’est à notre tour dans le délai annoncé. Le vent pousse littéralement le bateau dans l’écluse. On s’accroche assez facilement sur la bitte flottante no 3 du mur. On paie cash pour les 2 écluses. Do you need a receipt ? No, of course ! À l’écluse suivante, Snell, l’accrochage sera plus difficile puisque le vent semble encore plus fort et écarte rapidement le bateau du mur. On réussit au 2e essai, non sans avoir un peu cogner le devant du bateau contre le mur. Blessure de guerre. Le vent est vraiment fort. C’est de la navigation de plaisance mais moins plaisante aujourd’hui.

On en a assez de ce vent. On se cherche rapidement un endroit relativement à l’abri pour s’ancrer. On s’installe au droit de l’île Saint-Régis juste en face d’une église à Akwesasne. Nous sommes au Québec. On reçoit de la glace par la tête, le 12 mai !?
Dimanche, Akwesasne, (45° 100.328’N, 74° 38.425’W).
 
 
 
De la glace, le 12 mai !?





 
Lundi matin, la météo de la garde côtière annonce une journée identique à celle d’hier : vent du SW à 25-35 nœuds, avec bourrasques. Pluie (non, grêle !) à travers ça. Et frette. Et probablement la même chose pour mardi. Ça nous tente moins de bouger dans ce super beau temps ! Donc journée de repos pour aujourd’hui : on ne bouge pas. On verra demain.
 
 
 

Mardi matin ! Hirondelles au repos !  Un bon perchoir !

 
 
 
Mardi, le vent semble moins fort. On décolle à 7h00 en direction des 2 écluses de Valleyfield. En chemin, au pont de Valleyfield qu’on doit faire ouvrir, aucune indication à l’amont du canal VHF ou du numéro de téléphone à utiliser pour signaler notre présence au pontier. On s’immobilise à l’amont immédiat du pont et on essaie le canal 13, le 12, le 9 pour finir par le 16. Montréal Radio Garde-Cotière nous informe sur le 16 qu’on doit utiliser le canal 68 pour ce pont. On contacte donc le préposé sur ce canal et il nous ouvre 5 minutes plus tard. Le pont suivant, le pont Saint-Louis, s’ouvre sans qu’on ait besoin de le contacter.

Nous arrivons aux écluses de Valleyfield à 11h30. Le quai des plaisanciers est à gauche de l’entrée de la première écluse. Il est recouvert de bois et, semble-t-il, vient tout juste d’être traité avec un préservatif. Comme il ne vente plus du tout ici, les vapeurs sont emprisonnées et on est assaillis par des vapeurs dégueulasses et probablement toxiques. Au téléphone, on m’informe que le délai d’attente est de 2.5 à 3 heures en raison d’un bateau qui arrive de l’amont. Parfait. Le guichet pour payer est ‘’out of order’’. C’est drôle, je ne m’attendais pas à ce qu’il fonctionne. Par contre le panneau électronique donnant des informations aux plaisanciers, lui, fonctionne. Ce sera le seul sur l’ensemble des écluses fréquentés.

Le bateau en question, une barge, arrive 1.5 heures plus tard. Je suis surpris de n’avoir pu être écluser pendant cette période d’attente. J’en fais part par téléphone à l’éclusière qui m’informe qu’elle n’a pas le personnel pour faire fonctionner les 2 écluses en même temps, ce qui explique le délai. Bon. Ce sont des professionnels de l’éclusage. Je ne suis qu’un plaisancier. L’explication me va. On écluse après que la barge soit sortie de l’écluse Valleyfield 1 et on est prêt à descendre à cette même écluse après seulement 50 minutes !? Un peu frustrant le délai donc ! Ça nous aura pris au total juste 1 heure pour franchir les deux écluses !? Probablement que je ne comprend rien, que je suis intoxiqué par les vapeurs de préservatif à bois et que l’âge fait que je suis maintenant un vieux grincheux : je fais donc part un peu de cette frustration au préposé encaisseur et je me fais servir un : ‘’T’as un bateau ! Enwoye ! Paye ! ‘’. O.K. Curieux, j’ai comme l’impression d’avoir dérangé !?
 
 
 
Montréal, vue du lac Saint-Louis !
 
 
 
 
À l’écluse suivante, Sainte-Catherine, au quai, tout semble fonctionner. Le guichet est en fonction. Mais c’est drôle, vu son aspect, je n’ai pas confiance et ça ne me tente pas de l’utiliser. J’utilise le téléphone, ça sonne mais personne ne répond. Je réessaie après 5 minutes. Pas de réponse. On ne voit pas s’il y a un bateau dans l’écluse. Pas d’autre indication pour contacter quelqu’un, ni canal VHF, ni numéro de téléphone, alors j’essaie donc par la VHF, canal 13 pour commencer, et je me fais dire, sèchement, ‘’d’utiliser le téléphone’’. Ben oui ! On passe l’écluse après seulement 20-30 minutes d’attente. Tiguydou.

À la dernière, Saint-Lambert, après s’être accosté, on tente de contacter l’éclusier par téléphone. Il est complètement mort. Je parle du téléphone, s’entend. Pas de tonalité : il ne fonctionne pas. Bien sûr, aucune alternative n’est affichée. J’essaie donc la VHF : aucune réponse. D’où nous sommes, on ne voit pas dans l’écluse. On attend donc. Après 1.5 heures, on se dit qu’on va devoir s’installer pour la nuit au quai des plaisanciers bien que ce soit interdit. Une demi-heure plus tard : miracle ! Les portes de l’écluse s’ouvrent et une préposé vient nous dire qu’on ne peut absolument pas rester au quai pour la nuit ! On le sait ! Il est près de 19h30 et il fera nuit dans 1 heure. Ça ne me tente pas de rouler sans la clarté du jour ! J’essaie d’argumenter ! Rien à faire ! On doit décoller ! Dans l’écluse, je fais part de ma frustration comme quoi les plaisanciers sont vraiment des ‘’pains in the ass‘’ pour la grosse corporation de la Voie Maritime du Saint-Laurent et je me fais répondre : ‘’Nos clients sont importants pour nous !’’ Arghh!   Sortons d’ici !

Je dois dire que l’expérience des écluses de la Voie Maritime du Saint-Laurent n’a pas vraiment été agréable. Je n’ai pas été impressionné, bien au contraire. Je comprend bien sûr qu’il s’agit d’une entreprise commerciale et qu’elle est ‘’obligée’’ de faire transiter les plaisanciers étant donné que c’est la seule voie existante pour se déplacer entre Montréal et le lac Ontario. Au moins, nous sommes tolérés. J’aurais vraiment apprécié une voie alternative. Le canal Lachine permet de contourner les écluses de Saint-Lambert et de Sainte-Catherine mais le tirant d’air est fixe et n’y est que de 8’. Pas fort. La réfection du canal Soulanges permettrait de contourner les écluses de Valleyfield 1 et 2 mais c’est toujours un projet pour l’instant.

Bon, c’est assez là, le vieux grincheux (ouais ! un peu frustré, le vieux bonhomme !)
Vous avez compris que je n’ai pas aimé fréquenter les écluses de la Voie Maritime du Saint-Laurent !

La suite.

On quitte donc le canal de la ‘’Voie Maritime du Saint-Laurent’’ à 20h15 et le soleil tombe vite. Et pas de lune. Il fait trop noir pour que j’ai confiance de prendre le chenal d’entrée de la marina Réal Bouvier de Longueuil : je ne vois pas les bouées. Je n’ose aussi sortir du chenal balisé. Je n’y vois goutte et ne suis pas trop familier avec la zone. On continue donc vers l’aval en sautant religieusement d’une bouée verte à l’autre. Elles sont, bien sûr, facilement identifiables puisqu’elles sont presque toutes illuminées et clignotantes. Je conduis du flybridge pour une meilleure vue d’ensemble. Pas de vent, pas de vague, c’est bien, mais frette et pas trop le fun finalement. Je m’ennuie de mes culottes de Mustang (que je n’ai pas encore acheté mais ça viendra, je le jure !) À la tête du lac Saint-Pierre à 2h30 du matin, le vent se lève soudainement et nous nous arrêtons juste à l’extérieur du chenal à l’ancre dans 20’ d’eau. Dodo.
Mardi, tête du lac Saint-Pierre, (46° 07.859’N, 72° 56.895’W).

Mercredi, jour 250, et dernier jour de notre voyage. On décolle à 8h00 et on arrive à Portneuf juste avant 15h00. Sur le fleuve, nous avons bénéficié d’un courant positif en moyenne de 2 à 2.5 nœuds. La vitesse du bateau (SOG : Speed Over Ground) a été autour de 9.2 à 9.6 nœuds sur presque tout le parcours. Record de 12.4 nœuds dans le rapide Richelieu.
Mercredi, marina de Portneuf, (46° 40.968’N, 71° 52.682’W).

À la marina, les quais sont en place mais elle est encore presque vide. Seuls deux voiliers et un bateau moteur sont à l’eau.

 
Le quai de Portneuf à marée haute !




Vue panoramique de la marina !






Un Kairos à moustache !






Un bon nettoyage à faire !
Faire disparaître les traces des eaux du Dismal Swamp !
 
 
 

Voilà. Voyage terminé. Le bateau est de retour mais pas nous, pas encore. Le gazon à la maison ne nous attire pas.

Somme toute, un voyage super qui s’est très bien déroulé. Nous avons fait des rencontres agréables et stimulantes. Nous avons admiré des paysages magnifiques. Bien sûr, la couleur des eaux des Bahamas nous hantent ! Et on s’ennuie de la chasse sous-marine ! Et, aucun problème de santé ni trop de problème mécanique avec Kairos ! Nous sommes vraiment des privilégiés !

Il est définitif que, toute chose étant égale, nous allons repartir. Dans notre liste de longs voyages à effectuer, bien sûr, la ‘’Grande Boucle’’. Nous avons rencontré plusieurs boaters qui l’ont fait et c’est définitivement pour nous. À suivre.
 
Et la saison de navigation de l’été 2013 ne fait que commencer !
 
 
 
 
 
Maintenant un peu de chiffres pour le présent voyage.

Milles nautiques parcourus : ±4625

Fuel utilisé : 1435 gallonsUS au total, donc, ±3.2 milles au gallonUS

Heures de moteur : 787.6, donc ± 6.9 litres à l’heure (génératrice et chauffage compris)

Heures de génératrice : 295

Heures de chauffage : 100 heures (estimation)

Si on soustrait la consommation de la génératrice et celle du chauffage, la quantité de fuel utilisé exclusivement pour la propulsion est estimée à ±1325 gallonsUS, ce qui donne 1.68 gallons US à l’heure ou 6.4 litres/heures. Le bateau fait donc ±3.5 milles nautiques/gallonsUS ou 0.9 milles nautiques/litre. Excellent tout ça !

J’ai roulé le moteur la plupart du temps à 1500 rpm (soit 100 rpm au-dessus de l’optimum d’économie – ah ! la vitesse !) et à 1600 rpm pour les ‘’grandes’’ traversées (presser d’arriver !) (Albemarle Sound, Gulf Stream, Northeast Providence Channel, Exumas-Eleuthera, etc.)

Propane : 60 livres plus 8 livres pour le BBQ que nous avons finalement assez peu utilisé.

Eau : Aux Bahamas, nous avons acheté 270 gallonsUS d’eau au tarif par gallon. À Marsh Harbour cependant, il en coûtait $5 par jour à la marina pour toute l’eau qu’on voulait. On y a fait le plein 3 fois.

Vins et spiritueux : vous ne voulez vraiment pas le savoir ! (nous non plus !)

Tourlou et gros bisous